
tribunes & idées
Jean-Christophe Coffin historien des sciences (université Paris-Descartes).
Chronique de la psychiatrie ordinaire. Patients, soignants et institutions en Sarthe du XIXe au XXIe siècle, d’Hervé Guillemain. Éditions de la Reinette, 2010, 144 pages, 25 euros.
Ce livre explore l’évolution de la prise en charge des malades mentaux depuis la création du premier établissement asilaire dans le département de la Sarthe, ancré dans le catholicisme du Grand Ouest, jusqu’à la diversification institutionnelle de ces dernières décennies. Pari réussi de la part de l’auteur, historien professionnel, qui a pu s’appuyer sur des archives abondantes, celles produites par les administrations de l’hôpital et du département. On écrit beaucoup car la gestion d’établissements psychiatriques engendre toute une foule de petites questions concernant le quotidien mais également des questions plus générales interrogeant notre philosophie du soin et la liberté individuelle. Les patients sont finalement assez peu présents dans ces sources. L’auteur a cependant su mobiliser des soignants autour de son projet, ce qui donne un ouvrage où la parole s’exprime abondamment. C’est l’originalité du livre que de parvenir à exprimer les visions variées et souvent originales de cette communauté où les relations humaines sont finalement décisives. L’articulation entre le local et le national permet de suivre l’histoire de l’institution et l’histoire de la psychiatrie dans ses grands aspects. C’est une histoire lente, parfois immobile, un peu hors du temps, mais qui connaît aussi ses moments de crise ou d’accélération. L’hôpital psychiatrique n’échappe pas à la surmortalité qui affecte de nombreuses institutions pour malades mentaux pendant la Deuxième Guerre mondiale tandis qu’au cours des années 1970, on voit arriver de nouveaux médecins, adeptes de la psychothérapie institutionnelle, ce courant réformateur de la psychiatrie française, inspirés parfois par la psychanalyse, introduire activement de nouvelles pratiques de soin, ou obtenir la mise en place d’un service de pédopsychiatrie qui faisait défaut. Le chapitre sur la gestion des enfants et des adolescents est particulièrement réussi tout comme celui sur la violence. On doit saluer les passages sur la répartition des sexes au sein de l’asile qui constitue une autre hiérarchie à celle plus connue de la hiérarchie des classes. Codification de l’institution, éléments de répétition et aspirations à la rénovation scandent cette histoire, produisant parfois des décalages passionnants à analyser : l’instauration d’un nouvel hôpital à la fin des années 1960 alors même que la tendance est à la critique anti-institutionnelle. L’ouvrage intègre de nombreux documents iconographiques qui, outre leur qualité, viennent appuyer et soutenir avec pertinence les propos toujours mesurés, dont certains sont l’œuvre des étudiants en histoire de l’université du Maine.
La Lettre du CEAS présente les différents articles parus dans "Maine-Découvertes" n°63 : l'art naïf avec Gustave Cahoreau et Berthe Jousse ; le portrait inédit de Geoffroy Plantagenêt par Etienne Bouton ; la romancière Angélina Bardin présentée par Nicole Villeroux ; le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle en passant par Saint-George-le-Gaultier entrepris par la plume de Roger Lecoq ; la découverte d’un site néolithique majeur à Greez-sur-Roc exposé par Jean Kervella ; les duels des Mainiaux par Anthony Robert…
"Joyau de la cathédrale du Mans, la fresque des anges musiciens n'a pas fini d'inspirer écrivains et artistes... Le dernier en date, le professeur Luc Chanteloup, en a tiré une monographie aussi instructive que passionante. Au fil de ses 32 pages illustrées, l'auteur y dévoile les secrets et subtilités, tant techniques qu'historiques, du célèbre concert médiéval vieux de plus de 600 ans. Où l'on (re)découvre des instruments aujourd'hui disparus comme l'échiquier de musique."
Extraits :
« Un livre relatant un siècle d’histoire de la « faïence fine » de 1743 à 1843 vient à propos combler un manque important dans l’étude de ces « terres blanches » qui ont révolutionné la céramique française. »
« Les résultats de cette quête de longue haleine [sur la faïence fine de cette époque] ont fait l’objet d’un très important livre de plus de cinq cents pages abondamment illustrées « faisant office de catalogue, alors qu’il en dépasse largement les proportions habituelles » (Antoinette Hallé) – courageusement édité par les Éditions de La Reinette épaulées par la Ceramica Stiftung et la Réunion des Musées Nationaux – à l’occasion de l’exposition La Faïence fine française. Naissance d’une industrie – 1743-1843 présentée au musée national de Céramique de Sèvres du 22 octobre 2008 au 23 février 2009. »
« Au lieu d’établir une classique liste des diverses manufactures et de leur productions étudiées successivement voire, pire, de se contenter d’une présentation thématique des objets et des décors – procédés qui réjouissent les collectionneurs mais qui ne permettent guère de comprendre les choses – l’auteur fait ici une véritable œuvre d’historien, évoquant les tentatives, les créations, les difficultés, les succès et les échecs des manufactures, situés à chaque fois à l’intérieur de périodes précises, dans un contexte économique et politique plus large mais bien défini. Il dresse ainsi, pas à pas, un état des lieux complet et lucide, et ne cache pas les difficultés : notamment le manque cruel de pièces illustrant les productions d’ateliers et de céramistes dont les noms ne nous sont connus que par les archives. »
"Les samouraïs présentés par Anthony Robert, directeur du musée de Sainte-Suzanne, les régiments américains au Mans dans les dix-huit mois qui suivent la Libération, Félicien Challaye "redécouvert" par Nicole Villeroux, le bâton à pommeau d'argent d'un maréchal des logis du roi, les Plantagenêt, la motte castrale d'Assé-le-Boisne, les bouchonneuses d'antan, un traité de fortification dans la bibliothèque du Prytanée précèdent le « Cycle de l'échiquier ». Un programme alléchant qui peut se déguster au café-cantine l'Epicerie du Pré, au Mans, après avoir suivi Benjamin Martel, maréchal-ferrant ambulant, dans les magnifiques paysages hivernaux saisis par l'objectif d'Armand Braun. Mais avant tout cela Gilles Kervella évoque Jules Bréau."
"Cette livraison s'ouvre par une histoire très bien documentée de la place mancelle de l'Eperon due à Etienne Bouton. Les archéologues P. Chevet et E. Cabot, intervenus aux Jacobins, présentent leurs premières conclusions sur les deux charniers témoins de la bataille du Mans durant la Révolution. Nicole Villeroux ressuscite, ou peu s'en faut, Ponson du Terrail feuilletoniste qui situe dans "le Vieux Mans" les aventures de La Dame au collier rouge tandis que G. Morteveille s'attache aux vues stéréoscopiques de Gustave Ogier, ingénieur, administrateur délégué aux Ardoisières d'Anjou, pour présenter la vie des mineurs et des fendeurs à Rénazé certes mais aussi à Trélazé. Suzanne Jean, sculpteur tirant du marbre mais aussi du roussard des oeuvres remarquables, expose en ce moment à la mairie du Mans et retient l'attention de R. Lecoq. Les articles suivants conduisent du logis totalement restauré du château de Sainte-Suzanne aux vitraux de l'église de Parigné-le-Pôlin, oeuvre de Robert Micheau-Vernez, peintre breton réfugié là durant la dernière guerre et, par les chemins dérobés du bocage cénoman, à la noce, en 1900, à Athée. Gilles Kervella enfin se fige, admiratif, devant les photos d'insecte de Gérard Cherrier."
« Maine-Découvertes ausculte le corps des Jacobins »
« Pour faire le point sur la découverte des charniers faite début 2009 aux Jacobins, "Maine-Découvertes" a confié huit pages à ceux qui ont mis au jour et étudié de près les ossements. Elodie Cabot, Pierre Chevet et Ludovic Schmitt signent à 6 mains un passionnant article richement illustré par Gilles Kervella. La trace des coups, le sexe des victimes, les objets retrouvés, l’agencement des corps dans les charniers… Toute la minutieuse enquête est expliquée dans ce texte à la fois rigoureux et très clair.
De son côté, Etienne Bouton raconte les riches heures de la place de l’Eperon depuis la légende de Saint-Julien jusqu’à nos jours en passant par l’explication des lieux : la Petite Boucherie, transfert de la poissonnerie, les marchés de l’Eperon…
La revue s’attarde aussi sur les vitraux de Robert Micheau-Vernez mis en place en 1946 dans la chapelle de Saint-Michel-des-Perrais, à Parigné-le-Pôlin. Dans le domaine artistique, Roger Lecoq nous entraîne dans l’atelier de Suzanne Jean, sculpteuse, qui expose actuellement et jusqu’au 22 août, à l’hôtel de ville du Mans.
En plus de ses traditionnels rendez-vous gastronomie, la revue nous fait découvrir les glaces du Perche sarthois, faites maison, à la ferme de Valérie Bourlier, près de la Ferté-Bernard. »
"Un guide pour (re)découvrir Le Mans" :
"Le guide "Le Mans Découvertes" vous propose de tout savoir sur les endroits où il fait bon dîner, se cultiver, ou encore se promener. En 50 pages, ce document recense téléphones et mails des bons plans cet été, un outil de travail parfait pour les vacances. Disponible un peu partout !"
"Antoine Maigné, dans son livre, nous plonge dans le monde à la fois artistique et religieux des faïences des Vierges et des saints de Quimper. Il y décrit la production toujours active de statuettes en faïence tout en nous expliquant leur signification dans la culture bretonne. Emblématiques de la faïence de Quimper, ces statues étaient présentes dans de nombreux foyers bretons, afin de veiller à la protection des membres de la famille. Cet ouvrage érudit nous offre de nombreuses images ainsi que des textes, parfois historiques, parfois légendaires, sur les figures religieuses de notre région. Il rend aisni hommage à cette pratique artisanale et met à jour les nouvelles découvertes sur l'histoire des fabriques."
« L’auteur propose, dans cet album, un éclairage nouveau sur cette production très spécifique que sont les Vierges et les saints, personnages religieux ou mythiques, témoins de trois siècles de la production de la faïence de Quimper. Cet ouvrage de référence, illustré de près de 1500 photographies, met en lumière l’extraordinaire créativité des artistes quimpérois. Il dévoile également les dernières découvertes sur l’histoire des fabriques, permettant de mieux comprendre l’évolution du plus ancien centre faïencier français encore en activité. »
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